aux racines du geste
Rien ne dure, rien n'est fini, rien n'est parfait
Je chéris la beauté authentique. Je compose avec ce qui a vécu. Je refuse les artifices.
wabi 侘
La Sobriété Heureuse & la Beauté du Dépouillement
Wabi désigne la sérénité trouvée dans la simplicité, le détachement des artifices et l'harmonie avec la nature sauvage. C'est l'art de composer avec peu, mais avec ce qui a de l'âme.
sabi 寂
La Patine du Temps & l'Empreinte de l'Éphémère
Sabi exprime la beauté que seules les années peuvent offrir : l'érosion poétique, la rouille noble, la mousse qui colonise la pierre, les ridules et les cicatrices du vivant. C'est l'acceptation profonde de l'impermanence (Mujo).
CE QUE LE VIVANT APAISE
L'intuition du beau, éclairée par ce que la recherche en neurosciences documente sur nos espaces
Bien avant d'avoir un nom, le wabi-sabi savait déjà ce que la recherche en neurosciences de l'environnement documente aujourd'hui. Le vivant, l'irrégulier et le végétal ne se contentent pas d'être beaux — ils modifient concrètement la façon dont notre système nerveux perçoit un espace.
C'est ce que la biophilie* — l'hypothèse d'un besoin humain inné de connexion au vivant — met en évidence : la présence d'éléments naturels dans un espace est associée à une réduction mesurable du stress perçu, et à un mieux-être plus général dans l'espace habité. Les formes asymétriques et les motifs biomorphiques — ceux que l'on retrouve dans une branche, une texture de mousse, la courbe d'une tige séchée — sont traités par le cerveau différemment des lignes droites et des surfaces lisses, ils demandent moins d'effort de traitement visuel, ce qui participe à cet effet apaisant.
Après m’ être formée aux beaux-arts, j’ai complété un cursus universitaire de psychologie scientifique et de neurosciences. Ces disciplines se complètent et je refuse de séparer l'esthétique du ressenti. C’est pourquoi chaque scénographie végétale de Maison Maurice part de ces repères : l'irrégulier plutôt que le symétrique, la matière brute plutôt que le poli, le vivant plutôt que l'artificiel — non comme un parti pris décoratif, mais comme une façon de composer des espaces qui accueillent celles et ceux qui les parcourent. Cette discipline porte le nom de design biophilique ou neurodesign.
*Ces mécanismes sont documentés au niveau des grandes tendances de recherche en design biophilique ; ils décrivent des effets généraux observés sur des populations.
Et ce que je cultive pour les espaces, je le cultive aussi pour les êtres qui les traversent.
C'est la beauté brute de la nature qui apaise les systèmes nerveux — moi, je la mets en scène
Le vide entre deux gestes
la terre garde encore son parfum
rien n'est de trop.